Dans un contexte économique incertain, comment se portent réellement les entreprises bretonnes et quelles perspectives se dessinent pour les mois à venir ?

La Coceb* publie la deuxième édition de son baromètre semestriel de la conjoncture économique en Bretagne, réalisé auprès des chefs d’entreprise bretons. Cette enquête, menée la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) Bretagne, la Chambre d’Agriculture (CAB) de Bretagne, et la Chambre de Métiers de l’Artisanat (CMA) Bretagne, a été conduite par mail du 2 au 10 juin 2026 auprès de 103 752 dirigeants, avec 3 739 répondants. Elle permet d’établir un bilan des six derniers mois ainsi que des perspectives pour les six prochains mois à partir de quatre indicateurs clés : chiffre d’affaires, rentabilité, investissements et effectifs.

Une situation économique qui continue de se dégrader

Tous les principaux indicateurs économiques sont orientés à la baisse. Le chiffre d’affaires enregistre le recul le plus marqué, affectant l’ensemble des secteurs d’activité. La rentabilité et les effectifs suivent également cette tendance, tandis que les investissements restent durablement freinés par un climat économique incertain. Le secteur agricole apparaît comme le plus fragilisé, notamment en raison de la hausse des coûts de production, alors que la construction résiste davantage malgré des perspectives toujours prudentes. En conséquence, les effectifs reculent après une amélioration de la situation le semestre précédent.

Des investissements toujours en repli et une confiance qui reste fragile

Les perspectives pour le second semestre 2026 demeurent prudentes. Concernant le chiffre d’affaires, les chefs d’entreprise bretons sont aussi pessimistes qu’ils ne l’étaient en début d’année. Les entreprises de l’hébergement et de la restauration sont les plus optimistes par rapport aux projections du dernier semestre. Les investissements devraient continuer de reculer dans la plupart des secteurs. C’est en particulier le cas dans le secteur agricole. Seul le secteur de la construction projette une stabilité au niveau des investissements, bien que le solde d’opinion reste négatif. C’est dans ce même secteur que le niveau de confiance en l’avenir remonte, devenant le plus élevé à 5,1. Au contraire, le secteur agricole, particulièrement touché par la hausse des coûts de production, voit son niveau de confiance en l’avenir diminuer fortement, passant de 4,5 à 4,2/10.

Le conflit au Moyen-Orient accentue les difficultés

La COCEB a interrogé les dirigeants bretons afin d’évaluer les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les entreprises et les mesures mises en œuvre pour y faire face. Trois mois après le début du conflit, 59 % des entreprises bretonnes déclarent subir un impact direct sur leur activité, une proportion qui atteint 76 % dans le secteur agricole. Les conséquences diffèrent selon les secteurs :

  • l’industrie et la construction font face à une hausse des prix des fournisseurs
  • les exploitations agricoles subissent principalement l’augmentation du coût de l’énergie et les tensions sur leur trésorerie
  • le commerce et les services pâtissent avant tout d’un ralentissement de la demande et de la consommation.

Des entreprises qui s’adaptent

ace à cette situation, près de six entreprises sur dix ont déjà engagé ou envisagent des mesures d’adaptation.

Les réponses varient selon les activités :

  • les entreprises de la construction répercutent les hausses de coûts sur leurs prix de vente
  • les exploitations agricoles reportent ou annulent certains investissements
  • les entreprises du commerce et des services privilégient la réduction des coûts et l’optimisation de leur fonctionnement
  • les industriels recherchent de nouveaux débouchés, tandis que certains artisans s’interrogent sur la pérennité de leur activité.

“Les artisans bretons ont une nouvelle fois démontré leur capacité à s’adapter face aux crises. Mais cette résilience ne doit pas masquer les difficultés auxquelles ils sont confrontés : baisse de la demande, hausse des coûts, incertitudes économiques… Autant de facteurs qui pèsent sur leurs investissements et leurs perspectives. La CMA Bretagne reste pleinement mobilisée pour leur apporter des solutions concrètes, les accompagner dans leurs projets et préparer l’avenir grâce à la formation. Notre engagement est total auprès des 92 000 entreprises artisanales bretonnes et des 7 000 apprentis formés chaque année dans nos 7 CFA CMA Formation.”, affirme Michel Aoustin, Président de la CMA Bretagne

L’association COCEB, créée en 1985, a pour objectif d’affirmer les missions particulières des Compagnies consulaires (Chambre d’Agriculture, Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Chambre de Commerce et d’Industrie), d’assurer le développement économique harmonieux des grands secteurs d’activités et d’être l’interlocuteur privilégié des institutions régionales et autres collectivités. A ce titre, l’association COCEB représente les intérêts de 280 000 entreprises en Bretagne. La présidence, tournante tous les deux ans , est assuré en 2026 par la CCI Bretagne.